Le management des connaissances comme facteur
d'innovation en
entreprise :
Il y a des termes dont on entend beaucoup parler mais dont on
sait finalement peu de choses. Il en est ainsi des notions
d'intelligence économique, de Knowledge Management, de
management des connaissances… Sont-ils simplement l'effet
d'une mode ou annonciateurs de temps nouveaux ? Comment les
entreprises peuvent-elles les exploiter et/ou les utiliser ?
Intéressons-nous plus particulièrement au concept
de Knowledge Management (ou management des connaissances) dans
l'entreprise.
Définitions…
Les organisations de
travail possèdent un capital central que sont les
informations et les connaissances. Pour autant, la construction
de savoirs et de compétences est souvent
contrecarrée par les priorités de court terme et
les contraintes environnementales (clients, fournisseurs,
marchés financiers…). De plus, aujourd'hui, la
principale difficulté pour les organisations n'est pas de
disposer d'informations génériques (celles-ci,
notamment grâce aux Technologies de l'Information et des
Communications ne sont plus considérées comme
rares), mais de l'information stratégique permettant la
prise de décision. L'avantage concurrentiel d'une
entreprise, et ce quelle que soit sa taille, réside donc
dans sa capacité à traiter de façon
pertinente l'information dont elle dispose pour produire de la
connaissance transférable aux acteurs concernés.
D'après Genelot et Lefèvre (2000), "Le KM (ou
management des connaissances en français) désigne
(…) un ensemble de concepts, de méthodes et de
technologies permettant aux membres d'une organisation de
travailler ensemble dans une direction définie par
l'entreprise, de faire le lien entre les informations
disponibles, la production de connaissances et le
développement de compétences individuelles et
collectives". De fait, sans coordination, les connaissances
disponibles dans l'entreprise sont inefficientes, car, par
nature, la connaissance n'est pas transférable en tant que
telle, pour la rendre échangeable et partageable, elle
doit bénéficier d'un management. Pour Bruneau et
Pujos (1992) "Manager la connaissance de l'entreprise consiste
à définir les connaissances à augmenter,
confirmer, abandonner, et à suivre leur mise en
œuvre. Cette gestion n'est pas sans interférer avec
d'autres démarches managériales et en particulier
celles des ressources humaines et du système
d'information". Sur le terrain, la connaissance est
validée par l'expérience, lorsqu'elle se trouve
inappropriée aux changements rencontrés
(organisationnels, démographiques,
économiques…) elle mute et se transforme, enrichie
des expériences de ces nouveaux contextes.
Une gestion des
connaissances dans mon organisation de travail : Pourquoi faire ?
Comment faire ?
Le management des connaissances en entreprise a
pour objectif la capitalisation, le partage et l'enrichissement
de l'intelligence collective issue des connaissances tacites
(ceux qui détiennent le savoir) et explicites (documents,
bases de données…). Elle devient nécessaire
et source d'innovation pour des organisations de travail en
mutations constantes. Les départs massifs à la
retraite, la Gestion Prévisionnelle de l'Emploi et des
Compétences (qui a bien du mal à trouver ses
marques) ou la gestion des âges peuvent être des
points de départ à la mise en place, dans votre
structure, d'un management des connaissances. Ces
problématiques sont en effet liées à des
questions de déperdition de savoirs, de besoin de
créer, de recréer ou de consolider une
mémoire d'entreprise accessible et transmissible entre les
différentes générations.
D'après
Tourtier (1995), quatre types de mémoires d'entreprise
peuvent émerger dans une organisation :
- La mémoire métier, liée aux
référentiels, documents, outils et méthodes
employés dans un métier donné
- La mémoire société, liée à
l'organisation
- La mémoire individuelle
- La mémoire de projet
La mise en place d'un management des
connaissances s'accompagne de méthodes et d'outils
spécifiques. Il prend à la fois une forme verbale
et écrite. Il permet la capitalisation, la cartographie,
l'acquisition, la création de connaissances et le partage
de savoirs.
Ainsi, le lien existant entre management des
connaissances et générations dans l'entreprise
prend très souvent la forme d'un tutorat entre le sage,
détenteur de savoirs et de poly compétences, et la
nouvelle recrue. C'est un bon début, mais insuffisant nous
semble-t-il et parfois superficiel. D'une part parce que tous les
seniors ne deviendront pas tuteurs, comme l'ont très bien
écrit nombre de chercheurs, mais également parce
que le management des connaissances n'est pas unilatéral.
Il est au moins à double sens et englobe le transfert
intergénérationnel. De plus, dans le management des
connaissances, le chef d'entreprise tiendra compte des
Apprentissages Professionnels Informels (API), ces
échanges professionnels des salariés de nature
informelle, ainsi que de l'ensemble des paramètres
concourrant au partage, à la capitalisation, aux
échanges des connaissances dans son organisation.
Un vaste
champ d'expérimentations est né il y a quelques
années sous la plume de chercheurs, à nous de le
rendre exploitable et de l'embellir.
Aline PALLARO, Responsable
de management des connaissances A.2B.Conseil