Adia et Jean-François AMADIEU lancent le 1er
Baromètre de la Discrimination
ADIA, un des leaders du recrutement en France, en
collaboration avec le Professeur Jean-François Amadieu,
poursuit sa réflexion sur la discrimination à
l'embauche avec la réalisation du premier Baromètre
mené en France. De l'automne 2005 à l'automne 2006,
6461 CV ont été envoyés en réponse
à 1340 offres d'emploi. La force de ce baromètre
repose sur sa taille et la représentativité de
l'échantillon qui permet de recueillir des données
probantes par région, catégorie sociale, taille
d'entreprise, ou encore secteur d'activité. L'objectif
consiste à se doter d'un " point zéro " qui
permettra de mesurer dans l'avenir les progrès dans la
lutte contre les discriminations.
Un candidat de 48-50 ans discriminé sur tous les
fronts :
Peu importe la catégorie sociale, le secteur
d'activité, le bassin d'emploi ou la taille de
l'entreprise, le candidat de 48-50 ans voit se fermer toutes les
portes dès l'envoi de son CV. Globalement, il
reçoit
3 fois moins de réponses positives, avec
seulement 32 % de chances d'être convoqué à un
entretien d'embauche, que le candidat de
référence âgé de 28-30 ans (homme "
français de souche " par son nom et prénom, sans
photo). Ce constat est sans appel à plus d'un titre. Son
CV n'a pas été envoyé sciemment aux annonces
précisant en toute illégalité un
critère d'âge. Enfin, une partie de
l'échantillon a été portée à
48 ans au lieu de 50 ans et cette donnée n'a rien
changé aux résultats. Quelques chiffres sont
particulièrement alarmants :
Un cadre
quinquagénaire a 7 fois moins de chances d'être
reçu que le candidat référent, avec 14 %.
S'il est employé, ce candidat a 4,5 fois moins de chances
(22 %).
Un quinquagénaire postulant dans une entreprise
de 200 salariés et plus, a 9 fois moins de chances
d'obtenir un entretien, avec 11 %. Et la situation s'aggrave
pour le quinquagénaire postulant à un poste de
commercial en Ile-de-France avec un chiffre qui passe de 3,7 fois
en 2004 à 7,7 fois moins de possibilités
aujourd'hui , d'obtenir une convocation que le candidat
référent. Par ailleurs, le secteur tertiaire est le
plus rétif à proposer un entretien au candidat
âgé de 48-50 ans, avec 29 %, suivi de près
par l'industrie (31 %).
Second candidat le plus discriminé : la personne au
patronyme maghrébin :
Le candidat au patronyme maghrébin reçoit
également
3 fois moins de réponses qu'un
candidat aux nom et prénom " français de souche ",
avec
36 % de chances d'être convoqué à un
entretien d'embauche. En allant plus loin dans l'analyse, on
s'aperçoit que si ce candidat est
cadre, il est
particulièrement discriminé. Il obtient
6
fois moins de réponses positives que le candidat
référent. Le fait de détenir des
diplômes de niveau plus élevé ne semble pas
avoir d'effet significatif. D'autre part, on aurait pu penser que
lorsque les employeurs peinent à trouver des candidats de
valeur, ils discrimineraient moins. Or,
quel que soit le taux
de sélectivité des emplois, on constate une
discrimination de même ampleur. Par exemple, pour
des emplois très recherchés de soudeur ou de
plombier, on note une discrimination qui reste très forte.
Pour les postes en contact avec la clientèle, comme les
commerciaux, la discrimination est
particulièrement forte, alors même que le
marché du travail est favorable aux demandeurs d'emploi.
Aussi, en établissant
la comparaison entre
l'étude réalisée en 2004 et cette
année, on passe de 5 à 25 fois moins de chances
d'obtenir un entretien !
Pour le candidat handicapé, une
légère amélioration :
Le candidat handicapé ayant une reconnaissance CDAPH
(anciennement Cotorep) a
2 fois moins de chances de
décrocher un entretien d'embauche, avec 54 %. Le
candidat handicapé est
plus particulièrement
discriminé sur les professions intermédiaires tels
que les postes de commerciaux, avec 19 % de chances
d'accéder à un entretien.
Cependant, la
situation paraît s'être améliorée pour
ce type de poste, comparativement à l'étude
2004. Le candidat handicapé a désormais 10 % de
chances supplémentaires pour accéder au stade de
l'entretien d'embauche. Ce résultat peut trouver son
explication dans l'application de la loi du 11 février
2005 durcissant la contribution volontaire versée par les
entreprises à l'Agefiph.
Des résultats plus nuancés pour les autres
candidats discriminés :
Les deux autres profils discriminés testés,
à savoir,
une femme de 32 ans mariée ayant 3
enfants et un candidat au physique désavantageux,
rencontrent des résultats disparates suivant les variables
région, catégorie sociale, taille d'entreprise ou
secteur d'activité. Le taux obtenu par la
candidate
est de 63 % de chances d'être convoquée à un
entretien par rapport au candidat de référence.
Avec 29 % de chances en moins d'être convoqué, le
candidat au visage disgracieux est finalement le candidat
le moins discriminé.
Pour lire le Baromètre dans son
intégralité, rendez-vous sur www.adia.fr.